Gâchis alimentaire. Guérin ferme la poubelle

Vingt kilos ! C’est la quantité moyenne annuelle d’aliments périmés (ou pas) que chaque Français jette à la poubelle. Mais, au PL Guérin, la fatalité du gaspi n’existe pas et mérite bien une journée de sensibilisation. C’était hier.

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Contre le gaspi et les poubelles alimentaires trop remplies, il existe quantité de solutions. Dans le hall du Patronage laïque Guérin, les tenants de l’Association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap) ont décidé, en ce jour de lutte, d’en démontrer certaines aux visiteurs qui hâtaient leurs pas vers le bâtiment de la rue Ribot. Il y a, pêle-mêle, des recettes de pain perdu et de soupes avec les restes. Des souhaits vertueux pour moins acheter et mieux provisionner. Et, en désespoir de cause, une maman qui sait de quoi elle parle exhorte à « adopter un ado ».

Guérin en pionnier

En ce début de matinée, les différents acteurs ayant mis en place ces quelques heures pour réfléchir sur nos consommations surabondantes se multiplient. Ici, la projection du film « Global gâchis » démarre. Là, la cuisine du PL s’anime grâce à l’association « Aux goûts du jour » qui sensibilise les enfants à l’alimentation. Imaginée par le service Déchets-propreté de BMO et les associations susdites, cette manifestation marque un temps en corrélation avec la semaine internationale contre le gaspillage alimentaire. « Nous avons choisi de faire notre temps fort au PL, parce qu’il héberge une Amap, qu’il dispose d’un jardin partagé et d’un composteur partagé », souligne Maël Airiau, du service communautaire. L’enjeu est de sensibiliser tout en préparant un déjeuner “sans restes” ». Car moins jeter s’apprend, se justifie. « À l’Amap, notre producteur maraîcher, Christophe Cermel, sait ce qu’il doit produire pour les six mois à venir. Il aura ça et pas plus », se félicite Franck Dupuis, président de l’association.

Le plein le ventre plein

D’autres recettes s’imaginent avec d’autres légumes. Les modes de consommation s’adaptent. « Et s’il n’y a pas assez, nous partageons les risques ». Ces circuits courts, de plus en plus répandus à travers la ville, semblent fonctionner. Ne serait-ce que par l’indication du tonnage d’ordures, en baisse de 6 %, cette année, à Brest et « qui doit continuer dans ce mouvement ». Pour ce faire, quelques conseils de Charlotte Frigout, de l’association « Des goûts et des couleurs », ne sont pas de trop : rédiger une liste de courses ; éviter l’achat compulsif ; faire le plein le ventre plein, également. Des bricoles qui ne sont pas superflues et qui accompagnent ce pain rassis soudain devenu pain perdu, croûton ou chapelure. Un peu d’astuce, un peu de temps et, pour reprendre l’avis d’une militante de l’Amap, « penser à ceux qui ont travaillé pour parvenir au produit que nous mangeons. Penser à eux et se dire que, moi, ça m’embêterait franchement que quelqu’un salope mon travail de la sorte en jetant ce que j’ai fabriqué ».

Steven Le Roy pour Le Télégramme

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